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Vous trouverez ci-dessous l'article de presse paru dans l'Est Républicain, édition du 23/08/2016, qui relate les dernières découvertes faites par l'INRAP, dans le lot situé près du Château, côté route. Celui-ci a été envoyé dans les laboratoires de l'INRAP pour en déterminer l'âge exact ou approximatif.

   - fouilles-bernardot-de-l-er-du-23-04-2016-version-02-corrigee.pdf

Les fouiles des deux premiers lots sont à présent terminée, mais, elles reprendront au printemps dans les parcelles 2 et 3.

Nous vous tiendrons au courant au fur et à mesure des avancées de ces foullles.


Archéologie : aux origines du village de Bourogne

 

Dans le cadre de l’aménagement de maisons individuelles, à proximité de l’ancien château, les archéologues de l’Inrap ont réalisé une fouille archéologique préventive, sur prescription de l’Etat (Drac Bourgogne-Franche-Comté). Quatre parcelles sont concernées : les deux situées aux extrémités du terrain ont été fouillées de juin à septembre 2016, celles au centre le seront au printemps prochain. Au total, c’est donc une fenêtre d’environ 6 400m2 ouverte sur le passé qui s’ajoutera aux précédentes interventions archéologiques conduites dans la commune, révélant peu à peu les origines de Bourogne.

Quelques objets témoignent d’une fréquentation des lieux dès le Néolithique moyen (environ 5000 ans avant notre ère), à l’exemple d’une hache polie en roche verte d’origine alpine. Puis une dizaine de structures en creux constituent les vestiges d’un habitat gaulois de La Tène ancienne (vers – 450 avant notre ère), encore rare dans ce secteur géographique.  L’occupation se poursuit ensuite à la période antique : le chantier a notamment livré les vestiges d’un enclos qui pourrait être rattaché à la villa gallo-romaine  implantée près de l’église. Les parcelles de cultures de cet établissement rural avaient été observées sur l’autre coteau qui domine la rue Bernardot.

C’est à la période mérovingienne (VIe-VIIe siècle de notre ère) qu’un véritable hameau, avec son activité artisanale et économique, prend forme sur plus d’un hectare. On distingue au sol les traces d’anciennes constructions sur poteaux et des foyers. Des scories ou déchets de fer indiquent la présence d’une activité de forge. Une tombe isolée rappelle qu’il n’y avait pas d’obligation à être inhumé dans le cimetière communautaire situé sur la Côte à cette époque.

 

La tombe a été prélevée pour étude au laboratoire Inrap à Besançon, afin d'en définir le sexe, la tranche d'âge au décès et d'éventuelles pathologies (fracture, malformation...).

 

Après une apparente interruption ou un déplacement de l’habitat, d’autres structures marquent une nouvelle occupation aux Xe-XIIe siècle. Une fosse à quatre trous de poteaux dans ses angles évoque l’empreinte d’un possible pressoir, alors qu’un jeune bovidé a été enfoui dans une autre fosse, les pattes vraisemblablement liées. Un animal malade, jugé impropre à la consommation, dont on s’est débarrassé afin d’éviter les risques de contagion au reste du troupeau.

Un chemin en galet marqué d’ornières conduisait du château de Brignihoffen à la rue Bernardot : le souvenir de son tracé s’est perdu il ne figure pas sur l’ancien cadastre du XVIIIe siècle ! Par contre des anciens plans de Bourogne placent les vestiges d’une maison forte de plan quadrangulaire, dont certaines maçonneries semblent avoir été retrouvées à la fouille. Il faudra cependant attendre les prochaines investigations sur les autres parcelles pour valider cette hypothèse.

L’étude qui s’engage désormais va s’efforcer de rassembler d’autres indices par le biais de tamisages, d’étude du matériel recueilli avec l’appui de différents spécialistes. L’ensemble des données constituera la matière à un rapport de fouille, préalable indispensable à une publication des résultats. C’est ainsi que plus de 6000 ans d’occupation se révèle peu à peu, fouille après fouille, à la manière d’un puzzle afin de retracer les origines du village de Bourogne.

 

David Billoin

Archéologue responsable de l’opération archéologique

 


Archéologue au travail (cliché P. Haut, Inrap).
Archéologue au travail (cliché P. Haut, Inrap).

 Foyer de la période mérovingienne en cours de fouille (cliché P. Haut, Inrap).
Foyer de la période mérovingienne en cours de fouille (cliché P. Haut, Inrap).

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