Les différents noms de Bourogne, sont, d'après A. Lablotier, d'origine germanique.
Ils surviennent depuis les invasions des barbares et au hasard du patois local. On retrouve ces noms de Bourogne dans les textes qui sont déposés aux Archives Départementales de Belfort et Colmar.
La Préhistoire
La Préhistoire est généralement définie comme la période comprise entre l’apparition de l'humanité et l’apparition des premiers documents écrits, même si cette définition n’est pas sans poser des problèmes. (source wikipédia) La datation est : -2,4 millions d'annés et - 3000 ans
Bourogne à la Préhistoire :
Il appararaît que l'installation des hommes à Bourogne remonte à la Préhistoire. C'est, lors des fouilles effectuées récemment sur le site destiné à l'extension du cimetière, que cette information en est ressortie. Une fosse contenant, outre des restes de squelettes de petits animaux, des fragments de poteries et d'ustensiles datant vraisemblablement de la fin de la période du bronze ou du début de l'âge de fer ont été mis à jour par les chercheurs.
Nous pouvons en déduire que les tribus préhistoriques, qui se sont fixées à Bourogne, ont sans doute été attirées par le site que favorisaient des sources abondantes et la conjonction des deux rivières, l'Allaine et la Bourbeuse.
Hache polie en chloromélanite de Bourogne
SOCIETE PREHISTORIQUE FRANCAISE(lJ Dr FAUDEL et BLEICHER, - .Matériaux pour une étude préhistorique de l'Alsace. - Bull. de la Soc. Hist, nat. de Colma.r. 1881-1894)
D'une multitude de très petits points d'un vert-grisâtre et de quelques veinules noires, A la loupe, le fond vert se dédouble en un mélange intime de parties foncées el plus claires, et dont les contours se confondent, La surface de la cassure, près du biseau, Iaisse apercevoir un caractère grenu et non esquilleux, Tout cela dénote une structure très finement cristalline.
J.'ig. 1. - Hache polie, en chloromélanite, de Bourogne (Haut-Rhin) . - Echelle: Grandeur naturelle fresque). – Vues de face et un peu de profil
Sur le tranchant, on remarque une faible translucidité. De rares et minuscules paillettes de mica semblent réparties dans la masse, La densité est de 3,345. Notre pierre répond exactement comme couleur, contexture (finement cristalline, mais non micro-cristaIline), comme dureté ct densité il la Chlorométrie vraie, espèce minérale créée par Damour, A l'époque où écrivait Damour (1865), ce minéral était connu uniquement par les objets prehistoriques trouvés en des endroits divers, Ses gisements sont encore actuellement fort peu connus, Un échantillon venant du Piémont, nous a donné comme densité 3,31. Comme structure, la roche piémontaise est très semblable à la matière de la hachette de Bourogne; mais il y a opacité totale. En détinitive. nous avons affaire à une Chloromélanite typique,, dont la provenance nous paraît alpine.
Remarque finale , - Autant que nous sachions, la hachette de Bourogne est la première en chloromélanite trouvée dans la région de Belfort. Si dans le travail remarquable des Drs Faudel et Bleicher (1), l'on jette un coup d'œil sur une sorte de statistique des objets préhistoriques découverts, durant une longue période d'années, en Alsace on voit que, sur 656 pièces signalées il y avait comme pierres vertes : jade-néphrite,3;jadéite,6; sossurite,2; chloromélanite,3; éclogite,1; serpentines diverses,95.
L'instrument de Bourogne contitue donc une rareté.
Quelques vestiges gallo-romains
L'époque Gallo-romaine
La période couverte va de la conquête de la Gaulle par Jules César (-52) à la Bataille de Soisson (486) qui marque l'avènement de la dynastie Mérovingienne.(source Wikipédia)
Bourogne à cette période :
Nous constatons qu'à l'époque gallo-romaine, un tronçon de voie se détachait de la voie militaire de Mandeure au Rhin et traversait le village à proximité d'une villa romaine édifiée à l'emplacement de l'église de Bourogne. Nous trouvons des traces de la construction d'un édifice de cette époque , au mois d'avril 2004, lors des fouilles du terrain destiné à l'extension du cimetière.En 1734, on a également retrouvé à cet emplacement, lors de la reconstruction de l'église Saint Martin, après l'effondrement partiel d'une tour située entre le chœur et la nef, des murs et des vestiges de mosaïques (visible au musée de Colmar) datant de l'époque gallo-romaine. Celà permet de penser que la chapelle Saint Nicolas, adossée à l'ancienne église, avait été bâtie sur les ruines d'une villa romaine.
L'époque Mérovingienne
Les Mérovingiens constituent une dynastie de rois qui régna sur une très grande partie de la France et de la Belgique actuelles, ainsi que sur une partie de l'Allemagne et de la Suisse, du Vesiècle jusqu'au VIIIesiècle, immédiatement après l'occupation romaine de la Gaulle. Ils sont issus des Francs Saliens qui étaient établis au Ve siècle dans les régions de Cambrai (Clodion le cheveu) et de Tournai en Belgique (Childéric).
Le nom mérovingien provient du roi Mérovée, ancêtre semi-mythique de Clovis. (source Wikipédia)
Bourogne à cette époque :
A l'époque Mérovingienne, le site fut occupé par une tribu burgonde qui établit son cimetière sur le terrain de la Côte. Ce vaste cimetière mérovingien, qui contenait 214 sépultures et dont les squelettes étaient tous orientés selon l'axe de la course du soleil, la tête à l'est et les pieds à l'ouest, date des VIIè et VIIIè siècle.
Desfouilles ont été effectuées entre 1907 et 1909. Plus de 800 objets, des poteries, des bijoux et des armes, ont été retrouvés dans les tombes de la nécropole burgonde. Ils attestent de l'importance du site et toutes ces pièces sont rassemblés au musée de Belfort.
La plus ancienne mention écrite connue du site daterait de 1222,. on la retrouve dans une charte de Gérard de Rougemont, archevêque de Besançon, bien qu'il semble qu'une première mention, celle de Boronia, soit faite, par ailleurs, en 1150.
quelques pièces mérovingiennes
Carte du cimetière barbare de Bourogne
Quelques vestiges du cimetière barbare de bourogne
Le Moyen-Age à Bourogne
Le Moyen Age
Les limites exactes du Moyen Âge ainsi que le découpage en différentes périodes sont discutées et font encore l'objet de débats entre historiens. En effet, un événement unique ne peut jouer qu'un rôle symbolique dans un changement d'époque, qui en fait est un processus.
Le début du Moyen Âge est généralement situé vers 500; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
476 déposition par Odoacre du dernier empereur romain d'Occident, Romulus Augustule (* vers 460 – † après 511).
entre 496 et499(année précise inconnue) baptême de Clovis Ier
511mort de Clovis Ier
512 mort de sainte Geneviève
La fin du Moyen Ageest généralement située vers 1500 ; plusieurs dates symboliques ont été proposées par les historiens :
Georges d'Amboise, par l'intermédiaire de son neveuCharles II d'Amboise de Chaumont, gouverneur de Milan, fait venir de nombreux artisans, artistes et intellectuels d'Italie qui vont bouleverser, en France, les traditions et coutumes du Moyen Âge.
Plus généralement, les grandes découvertes marquent le début de ce qu'on peut déjà appeler la mondialisation (accroissement des échanges entre différents pays distants, permis par de nouvelles inventions et découvertes). Bourogne au Moyen-AgeAu Moyen-Âge, la famille de Neuchâtel était propriétaire de Bourogne. Ensuite, elle passa entre les mains de plusieurs grandes familles. Une partie de cette terre passa à la Maison de Ferrette, puis, elle fut vendue à la Maison d'Autriche qui la conserva jusqu'en 1648.C'est à cette époque que Bourogne se trouve, en effet, dans une situation délicate. Le village est traversé par la Bourbeuse qui sert de frontière entre les seigneuries de Haute Alsace et de Montbéliard. Sur la rive gauche, les habitants dépendent de l'abbaye de Murbach, dont les terres sont gérées par les Landgraves de Haute Alsace. Sur la rive droite, les habitants ont pour suzerain les comtes de Montbéliard. Cette situation perdure jusqu'en 1347, année où la succession de la comtesse de Montbéliard unit les deux parties du village.Par la suite, le village dépend des comtes de Ferrette.
Le Château de Bourogne
Le XVI° siècle
Le château de Bourogne fut édifié au XVIè siècle par la famille d'Harbaumont. Encore habité par la famille Valbert jusqu'à la Première Guerre Mondiale, il a ensuite été laissé à l'abandon par ses propriétaires, en raison du coût trop élevé de son entretien. Il est actuellement totalement détruit, hormis la cave et un oriel qui ornait une tour d'angle et qui, aujourd'hui, est encore visible depuis la rue Basse.
Le village est cédé en fief à Hamann de Brinighoffen, en 1522, par Guillaume de Fürstenberg, "pour ses bons et loyaux services rendus pendant 17 ans", moyennant "foi et hommage"
La famille de Brinighoffen a donné son blason à la seigneurie de Bourogne : il est d'argent à une pointe de gueules.
Le château vu du verger, cave et encorbellement encore visible
Le XVII° siècle
Cette famille s'était convertie au protestantisme au XVIIè siècle. Elle passe au service de la France après la signature, le 24 octobre 1648, des traités de Westphalie, qui mettent fin à la guerre de Trente Ans et par laquelle la France reçoit les Trois-Évêchés de Metz, Toul et Verdun, l'Alsace, dont Bourogne et sa région font alors partie, (sauf quelques villes comme Strasbourg) et Pignerol (en Italie). Elle conservera cette seigneurie jusqu'au XVIIIè siècle, époque du dernier des Brinighoffen, mort sans descendance.
L'autre partie restera propriété de la famille de Neuchâtel, puis passera en d'autres mains par une succession de mariages et de ventes. Mais, durant tous ces évènements, la paroisse du village a toujours appartenu au diocèse de Besançon.
Le XVIII° siècle
Au XVIIIè siècle, Bourogne était une paroisse dédiée à Saint-Martin qui dépendait du bailliage de Delle et dont dépendaient également les quelques catholiques des villages protestants environnants (Dambenois, Allenjoie ...) C'était une mairie de la seigneurie de Delle, appartenant aux Mazarin.
Le contrôle administratif des registres de la paroisse a été paraphé par le bailli de Delle le 24 janvier 1737 et la vérification est datée du 9 février 1788. A cette époque, l'état de la subdélégation de Belfort nous renseigne également sur la situation du village en 1751(1).
Il se compose de 79 feux qui comprennent en particulier 40 laboureurs et 32 pionniers. Le troupeau est formé de 16 bœufs, 49 vaches et 103 chevaux "petits et en mauvais état".
Le territoire est étendu : plus de 3 238 arpents qui se décomposent en
1521 journaux de champs,
477 fauchées de prés : ceux-ci, de bon rapport (10 à 12 quintaux de foin), sont souvent inondés. Pour remédier à cela, il suffirait de donner à la rivière "un débouché plus grand en dessous du village" et de creuser "un canal au dessus au travers des prés",
Plus de 1 200 arpents de bois : ils appartiennent aux seigneurs "qui donnent du bois aux habitants en suffisance pour les bâtiments et le chauffage",
Pâturages : étendus et bons,
40 arpents d'étangs contenant près de 2 000 carpes,
Le village possède également un moulin.
La commune restera exclusivement tournée vers l'agriculture jusqu'au XIXè siècle.
Le Cardinal de Mazarin et la culture dans Bourogne
Archives départementales du Territoire de Belfort
Le XIX° siècle
Au XIXè siècle, deux faits marqueront l'histoire économique du village et vont modifier sensiblement le caractère exclusivement agricole de Bourogne : le creusement du canal du Rhône au Rhin, ouvert à la navigation en 1829 et l'aménagement d'un port assurant principalement le transport du charbon venant de Ronchamp vers les industries mulhousiennes. Le «quartier du canal» connaît alors une grande activité.
Mais en 1858, la création des voies de chemin de fer qui relient Belfort à Paris et à Dijon, puis l'achèvement en 1876, de la ligne Belfort - Delle qui permet alors aux Bourignais de disposer d'un accès rapide et direct à Belfort, entraînent la décadence et finalement la cessation du trafic portuaire.
Le Territoire de Belfort, et donc la commune de Bourogne, faisait jusqu'alors, partie intégrante du Bas-Rhin, puisque celui-ci n'obtint son statut de Territoire qu'à la conclusion du conflit de 1870, après la signature du traité de Francfort le 10 mai 1871, en reconnaissance de la résistance héroïque des défenseurs de la citadelle, que les armées Prussiennes ne parvinrent pas à prendre.
Le Territoire de Belfort est né en 1871 du traité de Francfort qui mettait fin à la guerre de 1870. Alors que l'Allemagne annexait par ce traité la plus grande partie de l'Alsace et une part importante de la Lorraine, l'extrême sud-ouest du Haut-Rhin, autour de Belfort, fut laissé à la France, et ainsi séparé de l'Alsace. Il y eut deux principales raisons à cette décision :
la population des environs de Belfort était francophone, contrairement à la population des régions annexées au IIe Reich allemand en tant que terre d'empire (Reichsland) ;
la ville de Belfort avait fait preuve d'une résistance héroïque sous le commandement du Colonel Pierre Denfert-Rochereau lors du siège des troupes allemandes, et il eut été inconcevable de rattacher la ville à l'Allemagne après la guerre.
Après avoir longtemps conservé un statut spécial, le Territoire de Belfort devint officiellement le 90e département français en 1922.
Préliminaires de paix de Versailles
Extrait de l'article premier des préliminaires :
... La France renonce en faveur de l’empire allemand à tous ses droits et titres sur les territoires situés à l’est de la frontière ci-après désignée
…/… la ligne de démarcation ... coïncide avec la frontière occidentale des départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin jusqu’au canton de Belfort, dont elle quitte la frontière méridionale non loin de Vourvenans pour traverser le canton de Delle, aux limites méridionales des communes de Bourogne et Froide-Fontaine et atteindre la frontière suisse, en longeant les frontières orientales des communes de Joncherey et de Delle. L’empire allemand possédera ces territoires à perpétuité, en toute souveraineté et propriété. …/…
C'est grâce à son opiniâtreté et à sa persévérance que le Président du Conseil de l'époque, M. Thiers, soutenu alors par le député Keller conseillé par l'ingénieur des Ponts et Chaussées de l'arrondissement de Belfort, M. Gustave Renault, s'appuyant également sur les avis du colonel Denfert-Rochereau et du général Ducrot, a pu obtenir que 60 des communes du Territoire de Belfort, dont faisait partie Bourogne, ne soient annexées par l'Empire Allemand.
L'évolution de la population
De 79 feux en 1751, le village passe à 182 feux (912 habitants) en 1856 puis à 294 feux (1 102 habitants en 1876). Mais, à partir de la fin du XIXè siècle, le chiffre de la population décline régulièrement (1 029 habitants en 1886, 646 en 1922, 578 en 1947) pour remonter progressivement (838 habitants en 1962, 906 en 1975, 1 216 en 1982).
L'urbanisation de la commune, au début du XIXè siècle, apparaît sur le cadastre napoléonien dressé en 1823.
Au recensement de 1982, la population totale était de 2 151 habitants, cette montée spectaculaire s'expliquant alors, par l'arrivée des 935 militaires de la caserne des Fougerais.
Au dernier recensement de 1999, le chiffre de la population atteint 1 422 habitants, et 2056 habitants si l'on tient compte des militaires de la caserne des Fougerais.
Belfort, timbres de la Paix de Versailles et cadastre napoléonnien